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 [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas

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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Ven 10 Juin - 10:32

Post N° 1



Isia avait été mortifiée lorsqu'Âmiaz était parti sans elle. Quelque jours avant le départ du duc, Isia avait eut la mauvaise idée de tomber malade et le médecin lui avait donné l'ordre de rester alitée des jours durant, lui interdisant par la même occasion de suivre son bienfaiteur et même d'assister au départ.
Suite au départ d'Âmiaz, elle avait pleuré secrètement et s'était lamenté de sa malchance, puis finalement avait reprit contenance. Âmiaz avait d'autre soucis que de s'occuper du poids qu'elle représentait et la fillette allait tout faire pour guérir vite et être sur ses jambes le jour de son retour.
Isia suivit bien scrupuleusement les ordres du médecin et se sentit un peu mieux chaque jours. Quand le bruit du retour d'Âmiaz se fit entendre dans le château.
Il était désormais impossible qu'elle resta au lit. Une servante l'aida à se lever, se laver - elle en avait bien besoin après tout ce temps passé au lit, fiévreuse - se parfumer s'habiller et se coiffer. Il était hors de question qu'elle paraisse miteuse devant Âmiaz ! D'autant que, la servante le lui apprit, il y avait une cérémonie et un banquet ce soir là. Cependant, le temps de s'apprêter, le duc avait disparut dans ses appartements et Isia était condamnée à attendre qu'il en sorte et soit disposé à la voir.
La fillette se trouvait alors désœuvrée et hésitante sur la conduite à tenir. Devait-elle s'acquitter de quelque tâche que ce soit en attendant ? Mais son esprit n'aurait pu se concentrer sur un quelconque objet de réflexion et c'est donc rêveuse qu'elle arpenta les couloirs du château sans réel but. Ses jambes, tout comme son esprit, étaient encore faibles et lorsqu'elle trébucha contre un objet sur son passage, elle tomba dans cet élan, incapable de se rattraper. Elle s'égratigna une main en tentant d'amortir sa chute mais ne reçut aucune blessure que l'ont eut put qualifier ainsi. L'objet de sa chute intrigua fortement la fillette lorsqu'elle se pencha dessus. Elle le ramassa et se releva tant bien que mal avant de l'observer. Elle tenait dans ses mains une bourse d'un poids significatif et qui pourtant ne contenait pas de pièce - le tintement qu'elle entendait en la manipulant n'avait rien de pièces qui se choquaient et se frottaient les unes aux autres. Devait-elle ouvrir pour savoir ce qu'elle contenait ? Non, il était évident que ce fut malvenu de sa part. Au lieu de cela, elle en observa l'ornement. Il ne ressemblait en rien à ce qu'on pouvait voir à Uzas ou dans la capitale Blanche, à vrai dire, Isia pensait ne pas trop s'avancer en disant que l'ornement n'était pas ilmengardien. Aussi ne douta-t-elle plus de sa provenance. Les servantes étaient des sources de potins en tous genre et celle qui l'avait habillé quelques instants plus tôt lui avait conté l'arrivée du maitre dans son domaine. L'accompagnaient alors deux étrangers, un homme des sables et une ménestrel. Il n'y avait aucun doute que la bourse appartenait au premier.
Isia ignorait où pouvait se trouver l'homme à qui elle souhaitait rendre son bien, surement était-il dans les appartements qu'on lui avait assigné pour son séjour au château, l'ennui résidait alors dans le fait qu'elle ignorait desquels il s'agissait, aussi se dit-elle qu'elle restituerait son bien à l'étranger au banquet le soir même, sans doute ne lui en voudrait-il pas d'en avoir été de séparé un peu plus longtemps que nécessaire. Du moins elle l'espérait.

L'occasion se présenta pourtant plus tôt que prévu de rendre la bourse à son légitime propriétaire. Isia avait continué son chemin jusque dans la cour, se disant qu'il lui serrait surement bénéfique de prendre l'air, et elle n'y était pas encore parvenu qu'une voix lui vint aux oreilles. Une voix à nulle autre pareil, une voix qu'elle était capable de reconnaitre entre mille. La voix d'Âmiaz. Elle se mit alors à courir dans sa direction, oubliant totalement son état de santé et la bienséance, la simple idée de revoir son bienfaiteur lui donnant des ailes. Heureusement pour elle on lui pardonnait volontiers ce genre d'écart, de par son jeune âge.


"Âmiaz enfin tu es de retour !"

Son sourire ne s'effaça pas lorsqu'elle vit qu'il était en compagnie de deux inconnus, mais cela la fit ralentir. Ce fut en marchant qu'elle rejoignit le groupe. Elle les gratifia d'une légère révérence pour ne pas paraitre impolie et tout à son bonheur de revoir le jeune duc, elle en oublia ce qu'elle avait en main.

Âmiaz après lui avoir sourit, les présenta. Ainsi elle apprit que l'homme se nommait... curieusement et que la ménestrel portait le nom de Katerina et eux apprirent son propre nom. Et de nouveau elle les gratifia d'une courbette.
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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mer 15 Juin - 2:40

Post N°10

Une nouvelle dame vint les rejoindre, et Katerina frémit sous la nouvelle présence. Elle ne vit pas très bien le visage de la femme, ses yeux ayant cessé d’enregistrer ce qu’ils voyaient. Elle semblait vouloir se fondre dans l’Ange-Chevalier, comme si rien au monde ne lui ferait davantage plaisir que ne faire qu’un avec lui. Elle avait un ton de voix enfantin.

Isia… le nom ne plaisait pas à Katerina. La sensation que lui procurait la prononciation lui était légèrement désagréable. Comprenant le manège, elle voulut elle aussi dire son nom, mais elle ne put que minauder quelque chose de haut perché et incompréhensible. Mais l’Ange fit le travail à sa place.

Katerina ferma les yeux, et cela l’aida à se relaxer. Elle prit une grande respiration, et garda les yeux fermés. Elle n’écoutait plus la conversation. Lentement, elle se retourna et s’éclipsa de son pas silencieux. Personne n’essaya de l’arrêter. Elle rouvrit les yeux pour pouvoir se diriger. Son cœur battait rapidement. Elle se sentait étouffé par tous ces gens, par ces lieux. Elle accéléra le pas en cherchant la sortie. Katerina avait une bonne mémoire, et se rappelait habituellement des chemins qu’elle prenait. Mais dans ce cas-ci, toutes ces sortes de couloirs se ressemblaient. Elle était perdue dans cet univers étrange, petit et angoissant.

Son pas se faisait plus difficile, et elle tituba avant de s’immobiliser. Elle ferma à nouveau les yeux, mais elle sentait les larmes lui monter. Elle s’adossa contre le mur, rabattit sa capuche et ferma les yeux. Elle essaya d’oublier où elle était, qui elle était. Inconsciemment, elle se mit à réciter des chansons. Sa voix n’était qu’un murmure, un râle incompréhensible. Sa voix n’émettait qu’un vent inquiétant. À présent, les larmes tâchaient ses joues. Katerina voulait à tout prix sortir de cet endroit, ce qu’elle avait pris pour un château, mais était en réalité un univers apeurant.
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Geoffroy
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Ven 17 Juin - 22:29

Post n°3


Ailleur dans le chateau...

Après avoir obtenu la certification qu’il garderait sa liberté de par son futur suzerain, c’est le cœur plus léger que le jeune Geoffroy suivit les servantes qui l’emmenèrent dans sa future chambre afin de le préparer à la cérémonie qui allait bientôt avoir lieu. Lentement le jeune mercenaire parcouru les traits des femmes plus ou moins âgés qui l’habillait, certaine ne devait pas avoir plus d’une douzaine d’année tandis que les plus vieilles d’entre elle devait a peine avoir son âge.

Lentement il leva les bras tendis que les mains habiles des servantes lui retirait ses vêtements usés tandis que d’autres poussait une baignoire en argent dans sa direction. La vapeur qui s’échappait de cette dernière laissait présager que le liquide purificateur qu’elle contenait avait été réchauffé et que pour la première fois de sa vie de vagabond il allait avoir le bonheur de ce plongé dans un bain emplis d’eau chaude.

Lentement ses jambes dénudés ce plongèrent dans l’eau tiède tendis que les servantes lui frottait vigoureusement la peau et les cheveux afin de les débarrassés de la crasse qui s’y était accumulé au fil de ses voyages et qui avait refusé de partir lors de ses baignades quotidiennes dans les cours d’eau qui avait bordé son chemin tout au long de ses multiples périples.

Les mains habilles des jeunes femmes se mirent à masser délicatement ses muscles noué par les dernières journées de marche et lorsqu’enfin les servantes décidèrent qu’il était prêt pour son adoubement, elles le firent sortir de l’eau avant de lui essuyer vigoureusement l’eau qui jalonnais son corps a l’aide de serviette aux douces aromes de lilas avant de lui faire enfilé un pantalon et une chemise d’un tissus doux comme il n’en avait jamais touché. Peut-être ne serait-ce pas aussi terrible qu’il l’avait escompté finalement…

Puis lorsqu’il fut habillé et que l’on eu taillé sa barbe ainsi que sa chevelure, les servantes s’éclipsèrent et un jeune homme entra dans la pièce qui n’était plus éclairé que par une maigre chandelle, le soleil de l’après midi ayant fait place au disque lunaire. Lentement l’écuyer s’avança vers lui, son armure a la main, et la lui enfila d’une main experte avant de ce retiré à son tour, laissant le jeune mercenaire face a son reflet dans le miroir que quelques servantes avant emmenés quelques minutes auparavant.

Il ne put s’empêcher de ce trouver un air noble ainsi vêtu, sa nouvelle cuirasse aux armoiries du comte d’Uzas reflétait la faible lumière ambiante tandis que le pommeau de son épée, fraîchement astiqué, semblait vouloir concurrencer de par sa beauté les étoiles que l’on pouvait entrapercevoir de par la mince fenêtre de la chambre. Le jeune mercenaire n’eu plus aucun doute, il avait fait le bon choix en acceptant la proposition du comte de devenir son vassal. Peut-être le regretterait-il plus tard mais en ce moment il ne pouvait s’empêcher de ce dire que son père aurait été fier de le voir ainsi vêtu…



Dernière édition par Geoffroy le Sam 25 Juin - 1:01, édité 1 fois
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Averroès Ibn Rochd
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 21 Juin - 21:47

Poste N° 32


Tout à ses superstitions, Hassal accueillit distraitement la petite Isia. Puis, soudain, lui sauta presque à la gorge lorsqu'il remarqua la bourse rouge dans la menotte nonchalante de la jeune fille. Son sens quasi inné de de l'étiquette le retint d'arracher son bien à la petite. Alors il lui demanda avec une douceur forcée en s'agenouillant à demi pour être à sa hauteur :

Je vois que vous as trouvée ma bourse. Voudriez-vous me la rendre ? Je vous récompenserez pour ce service, vous savez.

Comme par effet de balancier, le poids qui tomba dans la main d'Hassal sembla propulser au loin l'immense et pesante masse qui oppressait auparavant ses épaules. Aussitôt, Hassal se décrispa, les couloirs s'éclairèrent à nouveau, le sol se raffermit sous son pas et les ombres cessèrent de le regarder avec un air menaçant ; en un mot, il était à nouveau protégé. Alors il put remarqué le charme enfantin et innocent de la fillette qui lui faisait face, peut-être un peu effrayer par cet homme d'une couleur et d'un accent bien singulier en ces lieux. Il reprit la parole pour la rassurer :

Mille fois merci, demoiselle Isia, nulle doute en effet qu'elle était noble, Amiaz ne les aurait pas présenté autrement, vous ne pouvez savoir combien retrouver cette bourse me soulage. Je vous suis infiniment redevable, dites-moi ce qui vous ferait plaisir, je mettrai tout en œuvre pour vous l'obtenir.

Tout à ses retrouvailles avec sa bourse de sable et à sa dette à peu près équivalente à celle qu'il aurait si la jeune Isia lui avait sauvé la vie, Hassal ne remarqua même pas que Katerina s’était éclipsée.
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Lun 27 Juin - 9:31

POST N°2



Isia était déçue, la ménestrel s'en allait. Elle aurait bien voulut parler avec elle. Les ménestrels la fascinaient et elle adorait les entendre chanter et jouer de leur instrument. Elle esquissa un geste vers la dame qui s'éloignait mais fut retenu par le second étranger. Il ne la toucha pas mais l'envie semblait pressante de se jeter sur elle. La peur la submergea mais Âmiaz vint à son son secours. Il se posta derrière elle les deux mains sur ses épaules.

Allons Isia, rends donc son bien à messire Hassal. Il semble y être très attaché.

Elle lui dédia un regard apeuré puis hocha la tête et plaça la petite bourse dans la main de l'homme sans oser le regarder directement.

Pardon messire. Je suis tombée dessus par hasard et je pensais vous la restituer.

Elle s'inclina puis se recroquevilla contre Âmiaz, espérant qu'il ne lui ferrait pas de mal. Non, il ne pouvait pas lui faire de mal, Âmiaz ne le laisserait pas faire ! La fillette leva timidement les yeux vers l'homme des sables.

Bientôt la peur fit place au soulagement devant la réaction de l'homme. Il lui proposait de lui donner tout ce qu'elle voulait ? Mais elle ne désirait rien, elle avait déjà tout ce dont elle avait besoin, et bien plus encore. Elle hocha négativement la tête.

Je vous remercie messire mais vous ne sauriez rien m'offrir que je puisse désirer, je n'ai besoin de rien de plus que ce que j'ai déjà. Elle leva alors la tête et gratifia Âmiaz d'un sourire resplendissant, il lui en rendit un affectueux, puis elle ajouta en désignant la bourse. J'espère que rien n'a été brisé. Puis-je vous demander de quoi il s'agit ? Sa curiosité avait prit la place de toute restriction. Elle ne l'avait pas ouverte elle-même mais peut-être le ferrait-il lui, pour lui montrer ce qu'elle contenait. Les yeux enfantins qu'elle posait sur lui brillaient d'envie. Oubliée la peur lorsqu'il s'agissait de curiosité !
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mer 6 Juil - 10:04

Lorsque monta l'idéologie réformatrice, beaucoup pensèrent qu'une cohabitation pacifique et une opposition philosophique serait la voie dominante dans les échanges entre les deux façons de voir la religion.
Si cela fut effectivement le cas les premières années, le débat passa de façon plus fréquente par des arguments violents où la raison du plus fort était la seule qui avait voix.

S'il est difficile d'établir une réelle chronologie dans la suite d'épisodes qui émailla cette période, il est souvent considéré comme véritable point de départ de ce changement d'attitude l'agression du jeune duc d'Uzas Amiaz Folhardeur, pourtant homme ouvert et prompt à écouter les avis divergents du sien.

C'était en l'an 79, alors que la princesse Ezabel courait les routes en surprenante compagnie et que lui-même s'apprêtait à se rendre dans les terres ensablées de Keustatinopol. Il fut agressé par un fanatique gémellite, ce qui choqua nombre de gens à Uzas tant l'idée que ces gens étaient "les gentils" était enracinée dans l'esprit populaire.

La légende veut que cela se passa tandis qu' Hassal, neveu d'Averroès le seigneur du désert, expliquait les pouvoirs du sable contre l'influence des dieux Ilmengard à Isia, fille adoptive du Duc. Tout à leur discussion, ils ne remarquèrent pas le fanatique qui s'approchait de Folhardeur par derrière. L'histoire que l'on raconte dans le duché nous dit que c'est une barde qui s'éloignait de la discussion, et qui venait de se faire bousculer par le gémellite qui, d'un cri, donna l'alerte. Le Duc D'Uzas se retourna et, le sang bouillant de ses veines qui avait donné son nom à sa lignée lui donna le réflexe d'esquiver en partie le coup. Il s'écroula néanmoins dans une mare de sang s'écoulant de son abdomen pendant que son agresseur s'enfuyait.

Si nous connaissons bien ce qui est arrivé dans les années suivantes à Isia, Amiaz, Katerina ou encore Hassal et Geoffroy, il n'a jamais été établi avec certitude s'ils ont attrapé le fanatique ni de quelle façon ils ont organisé le duché et la mission diplomatique pendant la longue convalescence du Duc D'Uzas. Quelque part, il est dommage qu'ils ne puissent écrire à ma suite.


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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Jeu 7 Juil - 15:55

POST N°3


L'étranger s'était adoucit, il lui parlait sans agressivité avec son accent et ses phrases mal formulées qu'elle n'avait pourtant aucun mal à comprendre. La bourse contenait tout simplement du sable, un sable spécial pour l'homme. Selon lui il recelait des pouvoirs qui le protégeait sur ce territoire hostile. Isia ne comprenait pas ce qu'Uzas avait d'hostile et elle s'apprêtait à poser une question quand soudain le temps sembla s'écouler au ralenti. Elle entendit des pas précipités derrière eux, puis un bruit sourd de quelque chose de solide qui s'enfonce dans une matière molle et Âmiaz s'écroula sur elle. Incapable de supporter un poids aussi lourd elle s'affala à terre avec un cri de surprise. Sa tête cogna violemment contre le sol mais elle resta consciente même si sa vision se brouilla quelque peu. La fillette était trop faible pour se libérer d'Âmiaz qui ne semblait pas bouger ni même s'être rendu compte qu'il lui faisait mal. Mais le poids finit par s'alléger, quelqu'un soulevait et déplaçait Âmiaz et on l'aida à se relever. Alors elle vit, et se laissa tomber à genoux en criant si fort qu'il était probable qu'on l'ai entendu en dehors du castel. Sa vue s'était de nouveau brouiller, de grosses larmes coulaient de ses yeux.

"Âmiaz ! Âmiaz non ! NON !"

Ses paroles n'étaient pas cohérentes, ses gestes saccadés. On l'éloigna du duc tendit qu'on l'emportait à la hâte. Du peu de temps qu'elle avait pus l'approcher, Isia avait vu qu'il n'était pas mort... mais pour combien de temps. Non, pas Âmiaz, pas lui. Pourquoi ? Qui ? Isia secouait la tête de gauche à droite, de droite à gauche en continuant à dire "non" encore et encore, comme si celui pouvait servir à changer la réalité, elle parlait de plus en plus faiblement, ses forces lui manquant. Elle ne savait pas qui la tenait mais elle se reposait entièrement sur lui (ou elle ?). A peine le duc lui était-il revenu, à peine avait-elle eut le temps de le voir que déjà il disparaissait de nouveau sous ses yeux.

"Non" disait-elle "Non"


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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Jeu 7 Juil - 19:13

Post N°11

Katerina se releva très lentement, le capuchon rabattu sur sa tête, les yeux fermés. Elle ne voyait absolument rien, mais elle était si concentrée sur ses perceptions qu’elle n’en n’avait pas besoin. Elle fit quelques pas tremblant. Elle avait l’air de flotter par-dessus le sol. Elle rouvrit les yeux pour se diriger, lorsqu’elle se fit bousculer.

Un son apeuré sortit de sa bouche. La terreur avait envahie ses traits, et on le voyait au ton de sa voix. Elle ne vit pas ce qui l’avait fait tomber, et ne releva pas la tête pour tenter de savoir. Elle n’avait toujours pas changé de position depuis qu’elle avait heurté le sol, ses yeux s’étaient à nouveau clos et sa respiration s’était fait haletante. Ses nerfs étaient sur le bord de craquer. Elle se releva rapidement, et d’une démarche tremblante, titubant souvent, elle repartit dans les couloirs, sans porter attention à son entourage. Elle entendait des cris, mais son cerveau n’enregistrait rien. Elle vit le groupe qu’elle avait quitté plus tôt, mais encore elle ne le remarqua point. Finalement, elle put enfin respirer l’air qu’elle connaissait. Ses pieds l’amenèrent vers un coin sombre, entre un bâtiment et le mur de rempart, et elle s’écroula sur le dos. Elle vivait un stress immense. L’univers dans lequel elle évoluait dorénavant lui faisait si peur. Lentement, ses sens la quittèrent jusqu’à ce qu’elle perdit aussi sa conscience.
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Averroès Ibn Rochd
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Dim 10 Juil - 20:26

Poste N°33

Hassal avait été formé à réagir convenablement à toute forme d'attentat, les tentatives de meurtres étant relativement communes à Keustatinopol, en particulier à l'encontre de Sahla Basl Derl. C'est d'ailleurs lui-même qui avait formé le jeune Hassal dans une situation pareille. Il vaut mieux, disait-il, parier sur une seconde chance d'attraper un assassin, que sur une seconde chance d’empêcher la vie d'un ami de s'échapper.

Alors, aussitôt qu'il vit Amiaz tomber au sol et qu'il eût vérifié que le criminel détalait, Hassal se précipita sur le Duc blessé pour le secourir. En s'arrachant une manche, il confectionna une compresse de fortune, au propre comme au figuré étant donné la valeur de l'étoffe. Il colmata comme il put la blessure béante d'Amiaz tout en s'égosillant, bien conscient de la difficulté à mettre en mouvement une assemblée médusée :

— Qu'on me trouve un...

Sous le stress intense, le mot lui échappa. Il se maudit intérieurement.

— Qu'on appelle la garde ! Vite ! La vie du Duc est en danger ! A l'assassin !

En fait, le texte n'a pas d'importance, l'important c'est réveiller tous ceux que la violence à tétanisé.
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Geoffroy
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Jeu 14 Juil - 14:38

Post N°4


Des bruits de pas précipités suivit d'un cri à en fendre l'âme mirent abruptement fin aux pensées du jeune homme. Avec une agilité réduite de par sa tenu d'apparat, le mercenaire sortit de sa chambre pour découvrir une cohorte de serviteur qui allait tous dans la même direction, criant des mots incompréhensible tellement le vacarme s'intensifiait. Mais que c'était-il passé ?

Avec une rudesse involontaire, le futur vassal attrapa un vieil homme au dos courbé qui passait a quelques pas de lui avant de le plaquer contre le mur. La terreur qu'il lut dans ses yeux lui fit comprendre que quelques choses de grave s'était produit et ce fut ses réflexes qui le conduisirent a prendre la direction contraire du torrent de serviteur qui déferlait dans les couloirs.

Pourtant, tandis qu'il remontait lentement ce dernier, un homme attira son attention, il fuyait dans la même direction que les serviteurs mais pourtant un détail clochait. Du sang jonchait sa tunique salle et usée. Au premier coup d'œil, le mercenaire l'avait prit pour un mendiant mais lorsqu'il avait aperçu les tâches bourgognes dont était couvert ce dernier, il avait enfin comprit ce que les serviteurs rallait depuis tout a l'heure, le comte avait été poignardé.

Rapidement, l'impétuosité de sa jeunesse poussa le mercenaire a poursuivre l'homme qui lui semblait suspect. Mais après seulement quelques minutes de course effrénée, la foule changea brusquement de côté, surprenant non seulement l'assassin mais aussi le mercenaire. Tandis que le premier trouva le moyen de rester debout, le mercenaire fut projeter au sol et il ne dut qu'à un énorme coup du sort de ne pas finir piétiné par les serviteurs.

Lorsqu'enfin le mercenaire réussi a reprendre pied, le regard qu'il porta aux alentours lui appris que le supposé assassin avait réussi a fuir, il avait échoué. D'un mouvement brusque son poing alla s'écraser contre les pierres du mur tandis qu'il évacuait la colère qui menaçait de le submerger. Une douleur aigu s'en suivit et il regretta aussitôt son geste mais cela avait eu comme bienfait d'éloigner l'espace d'un instant les sentiments qui tentaient de brouiller son jugement.

Ce fut avec la main contre le torse et une expression de douleur peinte sur son visage qu'il prit la direction où il pensait trouver Uzas gisant dans une marre de sang. Après quelques minutes de course, il rattrapa enfin les serviteurs qui s'étaient, cette fois, dispersés dans les centaines de couloirs du château. Le calme semblait revenir lentement au fur et a mesure qu'il avançait et lorsqu'il arriva enfin à l'endroit où la tentative de meurtre avait eu lieu, l'on emportait le corps du duc à l'aide d'une civière plus ou moins improvisé.

Avec précipitation il fonça en direction du Duc mais les gardes ne tardèrent pas a ce placer entre son chemin, puis l'on reconnu la tenue qu'il arborait et deux de ses derniers l'escortèrent auprès du Duc, leurs lames dévoilées prêtent a pourfendre quiconque tenterais d'achever le duc. L'impétueux mercenaire dut se faire violence pour ne pas les imités et ce fut après de longues et interminables minutes qu'ils arrivèrent enfin a la chambre du Duc où, déjà, les attendaient une demi douzaine de médecins...
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 19 Juil - 10:26

POST N°4


Tandis qu'Âmiaz disparaissait, Isia fut confiée aux bons soin des servantes qui l'aidèrent à marcher jusqu'à ses propres appartements puis disparurent à leur tour. Peu de temps plus tard, la gouvernante, Mme Darbyl, entra dans sa chambre. La fillette était assise sur son lit, immobile les yeux dans le vide tandis que son visage exprimait toute l'horreur qu'elle ressentait.

"Allons Isia reprenez vous ! Vous n'êtes plus une enfant et devez apprendre à faire face aux difficultés de la vie."

La fillette leva lentement les yeux vers la gouvernante. Mme Darbyl ne l'avait jamais aimé, elle était dur avec elle, enfant de la rue qui débarquait comme ça dans le château et profitait de la gentillesse de son maitre. Le regard qu'elle rencontra était dur comme la pierre et cela suffit à la sortir de sa catatonie. Isia non plus n'appréciait guère la gouvernante. Pourtant, elle lui avait toujours obéit même quand cela ne lui plaisait pas, la vie au castel n'avait pas que des bons côtés il fallait bien l'avouer. Mme Darbyl la força à se lever et l'entraina dans son cabinet de toilette. Elle lui mouilla le visage pour être sur qu'elle était bel et bien réveillée et poussa une exclamation en voyant l'état de ses mains que par réflexe Isia tenta de cacher dans ses jupons.

"Mais où avez vous donc été trainer ? Lavez moi ça immédiatement et recoiffez vous j'attends de vous que vous soyez présentable !"

La fillette qui jusque là avait laissé la gouvernante faire ouvrit la bouche.

"Comment va Âmiaz ? Est-ce qu'il va s'en sortir ?"

"Les médecins sont auprès de lui, et vous occupez vous de vous pour l'instant, ensuite vous pourrez vous occuper de lui."

La gouvernante sorti de la pièce, Isia failli bien retomber dans sa catarcie mais quand ses jambes menacèrent de céder sous elle, la fillette se retint à la table puis prit exemple sur Mme Darbyl et se jeta de l'eau au visage. Elle devait rester forte, certes elle sortait tout juste d'une maladie mais Âmiaz aurait peut-être besoin d'elle et si elle voulait être là il fallait qu'elle se reprenne. Elle se lava les mains -qu'elle avait sali en tombant sur la bourse de sable- se les sécha ainsi que le visage et refit sa coiffure qu'elle avait surement défaite en courant, ou bien était-ce dans la chute également ? La gouvernante avait disparue, où était-elle parti, cela Isia s'en fichait bien. Le femme la connaissait bien et avait su quoi faire visiblement, tenant son rôle à merveille malgré son aversion envers la fillette, car Isia était encore une enfant c'était indéniable.

Maintenant qu'elle était sorti de son état de choc, Isia n'avait qu'une idée en tête, et c'est ainsi qu'elle se rendit devant les appartements d'Âmiaz, mais on refusa de la laisser entrer. Un homme portant une tenue de cérémonie et une épée à la main lui refusa l'entrée.

"Est-ce qu'il va s'en sortir ?" demanda-t-elle alors, faisant écho à ses paroles précédentes.
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Averroès Ibn Rochd
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 2 Aoû - 19:07

Post N° 34

— Cela ne peut être une coïncidence !

La voix provenait d'un homme assez âgé, de haute stature, en armes Il devait sans doute tenir une place importante dans la hiérarchie du Duché, probablement intendant ou chef commandant de la garde, puisqu'il n'échappa pas à Hassal que les soldats et le petit personnel le laissa passer avec déférence.

Hassal était au chevet du Duc, lorsqu'il remarqua cela, voyant au passage que la fillette qui lui avait rendu sa bourse n'avait pas la même chance, restant sur le pas de la porte. Le vieil homme repris :

— Que fait ici l'étranger !? On attaque notre seigneur et on permet au premier venu de l'approcher ! Désarmez-le !

Il y eût alors un remue-ménage chaotique alors que les gardes entrèrent en pêle-mêle dans la pièce pour enlever ses armes à Hassal, qui se laissa faire à contre-cœur. Il demanda à l'homme aussi diplomatiquement que possible :

— Qu'est-ce qui ne peut pas être une coïncidence exactement, si je puis me permettre.

— Vous ne pouvez pas vous permettre, étranger. Et ne faites pas l'innocent : le Duc se fait attaquer le jour où il ramène un étranger et une espèce de mendiante. Personne ne peut croire à un hasard. Où est la mendiante d'ailleurs ! Elle a dû aider l'assassin à s'enfuir ! Trouvez-là !

Voilà qui s'annonçait diplomatiquement tendu.
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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 30 Aoû - 20:47

Post N°12

Katerina avait besoin d’air. Elle avait besoin de partir loin d’ici, de cette agitation, de tous ces décors flous, entièrement faux. L’endroit lui évoquait l’horreur, et elle regrettait les feuillages, les animaux libres, le bruit d’un ruisseau…

Son visage de nouveau voilé par sa capuche, elle se dirigea vers l’extérieur. Ses yeux fixaient le sol en quasi-permanence; dans ce monde, elle se sentait si petite et inoffensive. Autour du portail qui l’amènerait au second palier de ce monde, il se trouvait une activité intense. Des gens couraient, criaient. Ces fameuses statues de métal, autrefois au repos, étaient maintenant aux aguets, circulant d’un air déterminé, comme si chacune avait une mission à accomplir. Katerina prit son souffle, puis, rapide et discrète, se faufila à l’extérieur. Loin de l’agitation, elle se sentit suffisamment en sécurité pour recommencer à respirer. Elle marchait le long de la grande route, en quête du paradis qui l’attendait. En ce moment, elle n’avait nullement l’intention de revenir. Prise dans un univers étranger, elle faisait des efforts énormes pour ne pas paniquer. Tout lui semblait hostile, là-bas. Les gens étaient froids, sauf peut-être l’Ange-Chevalier et le Prince des Sables. Au fond d’elle-même, elle espérait secrètement qu’un des deux vienne la retenir, qu’il la supplie de rester à ses côtés. Mais elle taisait ce sentiment, si profond qu’elle ne s’en rendait pas compte.

Derrière elle, elle sentait l’agitation venir dans sa direction. Comme si les gens, après s’être rendus au Château, avait rebroussé chemin avec la même allure. Mais Katerina était trop terrifiée à cette idée pour se retourner.
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Averroès Ibn Rochd
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Dim 4 Sep - 20:37

Poste N°35


La nouvelle suite qu'on avait attribué à Averroès ne représentait pas exactement le même confort que la précédente. Certes cette déchéance n'était pas arrivée sans heurt. D'abord on l'avait désarmé, puis fouillé, puis pris sa bourse. A partir de là, en toute logique, rien ne s'était arrangé.

D'abord il avait subit un interrogatoire plutôt musclé, qui s'adoucit lorsqu'on fit remarquer la probable importance de l'étranger. On avait encore insisté longtemps, Hassal ne se rappelait pas exactement combien de temps, mais il savait qu'on lui avait répété souvent les mêmes questions, auxquelles il avait répondu souvent la même vérité.

Rien n'y avait fait. Finalement on l'avait jeté dans ce cachot dont l'air était humide, les fenêtres absentes, le plafond bas, les murs sombres et, à entendre le bruit que Katerina fit lorsqu'elle le percuta, le sol dur.

Aussitôt Hassal se précipita sur elle, conscient qu'elle ne profitait pas du même statut que lui.

— Allez vous bien, s'inquiéta-t-il.
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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Ven 16 Sep - 1:29

Post N°13


Katerina se fit jeter violement dans une sombre pièce. Le Prince des Sables était là, et il se précipita vers elle, pour lui demander si elle allait bien.

La jeune fille s’était fait renverser au sol, prise par surprise. La terreur avait pu se lire sur ses traits. Son cerveau avait cessé de raisonner, et elle s’était mise à se débattre. À un moment, elle crut s’échapper, mais elle reçut un violent coup à l’abdomen. La douleur l’avait rendue inerte. Durant le trajet qui l’avait ramené au château, son corps frissonnait de peur. Elle n’osait pas laisser aller son esprit, de crainte que son imagination produise des horreurs. Et puis elle était entrée dans le château… Ce même lieu qui la rendait maintenant malade, qu’elle avait cherché à fuir. Elle voulait cesser de vivre, pouvoir s’endormir et ne jamais se réveiller à nouveau.

Arrivée à la pièce dans laquelle elle se trouvait en ce moment, toujours sans un mot, on l’avait projetée l’intérieur.

Non. Elle n’allait pas bien du tout.

Elle se cramponna au Prince, le serrant si fort qu’elle aurait pu se fondre en lui, et se mit à pleurer. La chaleur de son corps lui mit un baume sur le coeur, petit mais présent. Elle resta ainsi longtemps. Elle n’avait pas conscience alors du temps. Elle n’entendait rien non plus. Elle ne pouvait que sangloter, blottie contre le Prince, seule image rassurante dans ce lieu néfaste.

Elle ne pourrait dire combien de temps il se passa, les deux silencieux.
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Geoffroy
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Dim 25 Sep - 3:52

Spoiler:
 


L'avis des médecins n'avait jamais été aussi incertaint, certains s'étaient accordés que seule la prière pourrait le sauver tandis que l'un d'eux, celui qui avait été prestement renvoyé par les bon soins du jeune mercenaire, s'était entêté a défendre que le Duc était condamné car le couteau avait transpercé du côté gauche et que si la lame aurait transpercé du côté droit, ce dernier aurait pus être sauver. Bref, Geoffroy en avait eu bien vite assez et il avait remplacé le garde qui s'occupait de bloquer l'entrée.

Depuis, il n'avait cessé de ce demandé comment des hommes qui ce devaient d'être savant pouvaient dire autant d'illogisme dans un même laps de temps. Comment pouvaient-ont croire que la prière pouvait sauver quelqu'un alors que nous étions savant ? C'était des choses que le jeune mercenaire ne comprendrais décidément jamais, comme les croyants ne comprendrais jamais comment l'on ne pouvait croire en aucune divinité suprême, c'était la le fardeau des athées.

Lentement sa main alla caresser le pommeau de son épée qui représentait les armoiries des Minster, un aigle prenant son envol dans un cercle de maille et sur le haut du pommeau l'on pouvait apercevoir le signe d'Uzas, témoin des origines de la maison. Comme cela faisait longtemps qu'il n'avait pas pensé à ses origines, la dernière fois qu'il s'était laissé aller a cette activité, il n'avait réussi qu'à ressasser son éternel dégoût envers son père, l'Inquisiteur d'Uzas. Pourtant, cette fois ci, pour la première fois depuis des années, il commença a regretter de ne pas ce faire appeler autrement que simplement Geoffroy, pour la première fois de sa vie, il eu l'envie que quelqu'un le reconnaisse et l'appelle par son vrai nom, Geoffroy Minster.

De léger pas précipités le firent sortirent de ses pensées et instinctivement, ses doigts se refermèrent sur son épée, prête a la dégainer. Cependant il n'en fit rien car ce n'était pas l'assassin qui revenait terminer le travail mais une simple petite fille apeuré qui accourait vers lui, des larmes baignant son visage et le jeune mercenaire en déduisit qu'elle devait être une proche du Duc. Cependant, il ne put s'empêcher de lui bloquer le passage, par simple soucis du devoir. Personne ne devait entrer dans la chambre et de toute façon, ce n'était pas un spectacle pour une enfant. Les cinq médecins n'avaient certainement pas finis de refermer la plaie.

Isia- Est-ce qu'il va s'en sortir ?

Le mercenaire pris une grande respiration avant de répondre, prenant par le fait même le temps de penser, d'après lui, le Duc allait s'en sortir. Il avait une personnalité de combattant et la plaie, quoique sérieuse, n'avait pas été faites par un professionnel et n'avait pas endommagé d'organe vital. S'il aurait eu a poser son propre verdict, il aurait dit qu'avec les soins requis et une longue convalescence, il allait s'en sortir et c'était bel et bien son verdict qu'elle lui demandait.

Geoffroy- Il est encore tôt pour ce prononcer avec certitude, une infection pourrait survenir et l'emporter en l'espace de quelques jours, mais pour le moment je puis t'assurer que si rien ne viens aggraver son cas, il s'en sortira. La lame n'a sectionné aucune artère sinon il aurait déjà succomber c'est pourquoi je dis sans crainte que pour le moment, si on lui donne les soins appropriés, il survivra. Cependant, la plaie n'est pas sans gravité et la convalescence risque d'être très longue, plusieurs mois voir même plusieurs années et quand il en sortira, il risque de ne plus être que l'ombre de sois même... Je suis désolé...

Lentement le mercenaire pris la main de la fillette apeuré et la força a le suivre vers l'extérieur tout en faisant un signe pour qu'un garde vienne prendre sa place, ce qui fut fait en moins de deux secondes et le jeune homme ne put s'empêcher de ce demander si c'était la discipline ou bien les complaintes interminables des médecins qui avait poussé cet homme à agir aussi rapidement.

Geoffroy- Venez Dame Isia, vous avez besoin de prendre l'air et vous ne pouvez être utile au Duc en ce moment, il a besoin des médecins et vous ne feriez que les gêner si vous alliez aux côtés d'Amiaz

.

La vérité était plutôt que le jeune mercenaire avait grande besoin d'air et que les interminables complaintes des médecins, quoi qu'étouffé légèrement par la distance, allait le rendre fou s'il ne sortait pas très vite dans la cour extérieur...
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Lun 26 Sep - 18:18

POST N°5


Le visage de l'enfant se décomposa, devint plus blanc qu'un linge fraichement lavé pour enfin se couvrir à nouveau de larmes. Isia était plus bouleversée à chaque mot prononcé par l'homme d'arme. Elle tenta de dire quelque chose mais elle en était incapable, et lorsque l'homme l'attira à l'écart, elle ne s'y opposa pas. il ne lui faisait pas peur. Même si elle n'arrivait pas à mettre un nom dessus, elle reconnaissait les armoiries qu'il portait et savait qu'il n'était pas mauvais. son esprit nota ce détail alors qu'elle même n'en était pas capable.
Lorsqu'il la laissa libre de ses mouvement, elle resta planté sur place, tentant de comprendre. Elle regardait l'homme doit dans les yeux.

Que... ?

Elle n'arrivait pas à finir sa phrase. Il fallait qu'elle se secoue bon sang ! Allez Isia, réveille toi ! Âmiaz allait avoir besoin de toi ! Cette certitude ne la quittait pas, Âmiaz aurait besoin d'elle, elle ne savait où, comment ou quand, mais elle savait.

Que s'est-il passé ? Quel est votre nom ?

Voilà, c'est un progrès déjà. Au moins tu parle et tu tiens sur tes jambes ! Elle s'essuya les yeux et regarda l'homme.

Je m'appelle Isia, messire, ajouta-t-elle avec une sourire timide d'enfant et une petite révérence. Bien sûr elle n'avait pas fait attention qu'il avait déjà prononcé son nom auparavant, puis, en jetant un regard rapide derrière elle : Pardonnez mon comportement, messire, j'ai vraiment peur pour Âmiaz.
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Âmiaz Folhardeur
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Ven 30 Mar - 15:34

Post n°25


Calme et plénitude s'ouvrent à ses pieds. Aussi loin qu'il peut le percevoir, l'étendue semble faite de bonheur pur. Un bonheur serein et doux comme la mort, la tranquillité de ne pas être. Les rêves et le sommeil sont un pâle écho de cette ataraxie à nul autre pareille, et le désir de s'y plonger est encore plus fort que celui qu'on peut ressentir le matin, quand on rechigne à quitter ses draps.

En équilibre sur une barrière impalpable, il est incapable de comprendre pourquoi il hésite, ce qui le retient. Et quand il réunit un courage timide et s'apprête à sauter, une corde le retient, et l'empêche de faire son dernier pas. Quand il veut s'en défaire, elle se ressert encore plus, car plus il en a conscience, plus elle s'épaissit. Puis bientôt il comprend ce qu'elle est. Chacun des filins tressés qui la compose sont les liens qu'il a avec la vie. La relation qu'il a avec son cheval, aussi bien que celle, plus récente, qu'il a avec une ménestrel, une jeune fille, un prince du désert ou un jeune guerrier devenu seigneur. Les filins brillent d'émotions et de sensations, comme la laque ou le goudron peuvent durcir et rendre plus résistant un cordage. Intrigué, il remonte le fil du lien qui l'empêche de trouver la paix dans le néant. Une lumière semble en être la source ; elle brille d'un éclat blanc, mystérieusement teinté de rouge.

Quand il s'en est suffisamment approché, et que la lumière l'englobe et l'éclaire, il prend conscience de lui-même. Il est Âmiaz, et il souffre. Mais il est aussi Folhardeur, et plus que toute autre affliction, il craint de ne pas vivre. Pourquoi hésite-t-il ?

Il retourne brusquement dans sa douloureuse enveloppe charnelle, et soudain ses sens et sa conscience se trouve confinés en lui-même.

Un rassurant murmure lui caresse l'ouïe. Il s'agit du silence d'une chambre plongée dans l'obscurité, silence qui semble bruyant à côté de celui de la mort. Mais quand il essaye de repenser au voyage de son âme comme on aime à se remémorer des paysages d'une contrée éloignée, il s'en trouve incapable. C'est comme essayer d'attraper le vent avec ses doigts.

Il reste un moment les yeux fermés. La douleur crispe le visage juvénile du Duc, mais les élancements qu'il ressent sont signe d'une blessure suturée et saine. Le sang ne s'écoule plus à l'extérieur de son corps. Combien de temps s'est-il passé depuis... depuis quoi ? Il tente de rassembler ses souvenirs, et cela met du temps. Puis des visages apparaissent à son esprit. Une silhouette encagoulée, qui le frappe, vive comme la foudre, alors qu'il n'a que le temps d'esquisser un écart. La voix et le cri de sa fille adoptive. Son visage terrifié et stupéfait qu'il entraperçoit entre ses cils avant que la douleur ne l'emporte dans l'inconscience.

Combien de temps s'est-il déroulé depuis ce moment ? Brusquement, le poids des responsabilités tombe sur ses épaules. Geoffroy, a-t-il pris soin de sa seigneurie ? Mais non, l'adoubement n'a pas encore eu lieu ! Le représentant du désert est-il retourné à sa merveilleuse cité ? Assurément ! Quel dignitaire étranger resterait au chevet d'un jeune seigneur Ilmengard ? Ce serait complètement déplacé. L'alliance commerciale qu'il souhaite avec ardeur est donc finalement compromise. Et sa ménestrel, avait-elle réussi à s'acclimater à la vie de château ? Où s'était-elle enfui et était-elle retourné à l'ermitage dont elle semblait provenir ? Tant de questions, et tant de fatigue à la fois. Et sa fille. Sa petite fille adoptive dont il n'avait même pas eu le temps de s'occuper à son retour, avait-elle survécu à la jalousie des servantes ? Cette dernière inquiétude le replonge dans une inconscience plus proche du sommeil que le coma dont il vient de sortir.

Il est réveillé par une sensation froide dans sa bouche. Il ouvre soudain les yeux. Le visage de la servante qui tient la cuillère pleine de bouillie se fige dans une expression de stupeur. Le couvert tombe, tâchant la couverture, tandis que le bruit de sa chute sur le sol est couvert par le cri bref de la jeune femme.

Âmiaz fronce les sourcils, et jette un regard autour de lui. La chambre est sombre, mais un rai de lumière encadre les rideaux qui obstruent sa fenêtre. Il fait jour au dehors. Tandis qu'il se redresse pour avoir l'air plus digne, son nez se plisse, agressé par l'odeur âcre et persistante de maladie qui embaume la chambre ducale. Il tente ensuite de se recoiffer vaguement d'une main, mais ce simple geste tire sur la peau couturée de sa blessure, et il repose alors son bras sur le matelas. Les points n'ont pas encore été retirés. Cela ne doit pas faire plus de deux semaines qu'il est cloué au lit.

La jeune servante, qui répond au nom de Roselilas, ne bouge toujours pas, entravée par la surprise. Folhardeur lui sourit faiblement, et lui demande, d'une voix croassante mais plus ou moins ferme, d'ouvrir les rideaux et les fenêtres, puis d'aller se munir de bougies parfumées pour chasser la pestilence de ses appartements.

Puis il tourne son visage vers la porte. Elle est tenue entrebâillée par un garde que le cri de Roselilas a sans doute interpellé. Lui aussi, pétrifié, assiste à la scène. Avant que la servante n'ait eu le temps de se relever, le duc dit au garde :

- Veux-tu bien aller me chercher le conseiller Justebailli ? Va aussi m'enquérir ma petite Isia, et mon fidèle Geoffroy. Voyant que le garde hoche la tête par réflexe mais ne bouge pas, il insiste. Fais vite Earnil, je te prie.

Et alors que le soldat disparaît soudain de derrière la porte, comme si le fait d'entendre son prénom l'avait libérée d'un enchantement, Âmiaz laisse sa tête aller contre le sommier, fait en chêne des Côtés Tranchantes, puis il ferme les yeux. Il est bon d'être en vie, même si cela demande plus d'effort que la mort insipide.
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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Ven 30 Mar - 20:29

POST N°14


La lumière était filtrée par la minuscule fenêtre située au haut de la sale. Dehors, Katerina entends les merveilleux sons de la nature, le vent soulevant la poussière du sol, quelques cris d’oiseaux, mais aussi des sons plus terrifiants, inconnus. Des coups sourd sur le sol, les paroles sèches et autoritaires échangées tout près, des bruits clairs et distincts, qui résonnaient, tous l’un après l’autre. Un son métallique. Et puis, venant de l’immense portail s’ouvrant vers l’extérieur de la pièce, des paroles de colères, des injures de toutes sortes. Katerina ne les comprenaient pas, et à chaque fois elles venaient lui prendre quelques larmes. L’astre du ciel venait de se lever, c’était le matin, son moment préféré. Elle entendait les oiseaux, et rien d’autres. Le Chevalier des Sables, ou plutôt le Prince des Sables, car il ne semblait plus être un chevalier, en ce bas monde. Il restait étendu longtemps, dormait beaucoup, et ne parlait peu. Elle ne savait jamais ce qu’il pensait, qu’elles étaient ses émotions. Il semblait très peu heureux ici. Il se plaignait du manque de nourriture, et alors Katerina se contentait de peu et lui partageais tout le reste, mais alors encore se plaignait-il qu’il ne voulait pas la priver. Ces contradictions lui étaient toujours incompréhensibles. Durant le jour, elle se tournait vers la source de lumière, de bruit, et sifflait des airs qu’elles connaissaient. Elle n’avait plus chanté depuis longtemps.

Depuis quelques jours, un oiseau avait pris l’habitude se poser sur la terre, tout près de l’ouverture par lequel Katerina réussissait à entendre le son de ses cris. Elle siffla quelques notes, auquel il répondit. Le manège se répéta quelques fois. Elle tourna la tête vers le Prince; celui-ci semblait dormir encore.

-Approche, mon petit. Je ne te veux pas de mal.

Ses paroles étaient à la limite du murmure, un doux sifflement d’où l’on percevait à peine les diverses notes de la mélodie de sa voix. Soudain, elle vit l’oiseau entrer dans la pièce. Elle l’avait déjà aperçu auparavant. Un oiseau aux plumes blanches et bleues, un bleues foncé mas doux aux yeux. Elle tendit sa main lentement.

-Approche, mon petit. Je ne te veux pas de mal.

L’oiseau fit un battement d’aile pour se soulever, et vint se poser délicatement sur sa main, qu’elle ramena lentement au niveau de sa poitrine. Toujours de gestes lents, elle s’assit au sol, les jambes d’un côté. De sa main valide, elle passa un doigt sur la tête et la nuque de l’animal, et le flatta ainsi à répétition. L’oiseau envoya quelques notes d’un ton joyeux. Un sourire s’épanouit sur les lèvres de la jeune fille alors qu’elle improvisa un air à partir des notes de l’animal, son ami. Ce jeu se répéta plusieurs fois. Il lui faisait penser à la colombe des histoires. Lorsqu’il repartit, l’activité habituelle avait déjà repris. Et le jour suivant, et celui d’après, Katerina rencontra à nouveau la Colombe, et fit de ses matins des mélodies joyeuses et optimistes.
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Lun 2 Avr - 7:38

POST N°6


Deux semaines, cela faisait deux semaines qu’Isia était en proie à l’incertitude et la peur. Deux semaines qu’Âmiaz demeurait inconscient malgré l’assurance des médecins qu’il ne devrait tarder à se réveiller. Deux semaines qu’elle ne parvenait à trouver le sommeil que tard dans la nuit et passait ses journées telle une somnambule car lorsqu‘elle fermait les yeux elle revoyait immanquablement le corps du duc qui tombait devant ses yeux, couvert de sang et inconscient. On avait refusé qu‘elle le voit depuis. Si Isia n’était pas devenu folle, elle le devait encore à dame Darbyl qui l’avait obligé à reprendre les études, détournant ainsi les pensées de la fillette au moins momentanément. Mais Isia s’était tout de même assurée qu’elle serait prévenu immédiatement lorsque Âmiaz se réveillerait avant d’obéir à la gouvernante, et avait demandé des nouvelles du duc chaque jour. Sans doute aurait-elle prié si elle avait su comment faire, mais au castel personne ne le lui avait expliqué, aussi se contentait-elle d’espérer que son bon Âmiaz ne se laissât pas aller.
Outre ses études, quelque chose occupait son esprit et le détournait d’Âmiaz : l’étranger venu du désert et la ménestrel avaient été jeté en prison. Isia avait tenté de protester mais elle n’avait que douze ans et n’avait aucune autorité à Uzas, et pourtant, elle savait que ce n’était pas eux les coupables, après tout, elle était là quand Âmiaz était tombé, quand il avait basculé sur elle. Le duc avait été frappé dans le dos et les deux étrangers étaient face à eux à ce moment là. Et puis, sire Minster, Geoffroy, avait dit avoir vu le meurtrier, non, l’agresseur (Âmiaz n’était pas mort et il ne mourrait pas se répétait-elle pour tenir le coup) mais cet âne buté de premier conseiller avait refusé de les écouter et maintenait qu’ils pouvaient très bien en être l’origine même si ce n’était pas leur main qui avait porté le coup. Et Isia s’était tu car elle n’avait rien à répliquer à cela, sa propre conviction ne pouvait convaincre l’homme de son erreur, elle ne comptait pas.

La matinée courait à sa fin et Isia espérait que la leçon serait bientôt fini, elle avait faim et son ventre grondait, réclamant ce qu’elle n’avait pu lui donner ce matin là car sa gorge trop serrée ne laissait rien passer de plus consistant que de l’eau. Elle écoutait distraitement l’instructeur en restant penchée sur son livre dans une attitude studieuse qui n’en avait que l’apparence. La délivrance viendrait bientôt sans doute.
Et en effet, elle vint, mais Isia ne l’avait pas vu ainsi. Une servante frappa à la porte de la bibliothèque pour leur annoncer le réveil du duc et que celui-ci souhaitait voir sa fille. Isia ne chercha pas à en savoir plus ni à paraître polie, elle abandonna sur place l’instructeur et la servante et courut dans les couloir en direction des appartements d’Âmiaz.
« Il est réveillé, il va s’en sortir et il veut me voir ! » pensait-elle avec le cœur rempli de joie.
Elle cessa de courir avant de tourner dans le couloir qui menait à la chambre du Duc et remit ses cheveux en place, puis, affichant un sourire radieux, elle s‘avança vers la porte. Le garde la laissa passer sans mal et elle put enfin entrer dans la chambre.

Le conseiller Justebailli était déjà là, il avait immédiatement répondu à l’appel du duc et était arrivé un instant à peine avant la fillette, il se tenait debout au chevet d’Âmiaz. Celui-ci était alité, aussi pâle que la mort et sa vue effaça le sourire des lèvres de la fillette. Pour un peu, elle se serait mise à pleurer. Âmiaz avait l’air si mal, faible et blafard, privé de force, mais après tout il le pouvait, il venait d’échapper à la mort et, songeant à ce qu’aurait dit dame Darbyl, Isia contint ses larmes et tâcha d’être forte, Âmiaz avait sans doute besoin d’elle et elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle n’était pas à la hauteur.
Elle salua poliment le conseiller qui la toisa d’un air réprobateur, il n’approuvait pas sa présence, mais il n’avait rien à dire, le duc avait demandé à voir sa fille adoptive, cette gamine trouvée dans la boue des rues de la capitale grise et dont la présence au castel était une insulte à elle seule, comme il aurait aimé que le duc se rendît compte de sa folie et renvoie cette petite parvenue d‘où elle venait.


Âmiaz ? bredouilla maladroitement Isia en demeurant près de la porte car elle n‘était pas sûre de la conduite à tenir et n‘osait pas s‘avancer devant le regard autoritaire du premier conseiller.

Messire Folhardeur, est-ce bien raisonnable de l’avoir fait venir ? demanda Justebailli.
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Âmiaz Folhardeur
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Caractéristiques : Éclatant de jeunesse, bouillant d'impétuosité.
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Lun 2 Avr - 18:48

Post n°26



Avant que le conseiller n'arrive, la pièce a été aérée et parfumée. Les bougies qui se consument en d'agréables fragrances, dispersées ça et là dans la vaste chambre, ne parviennent toutefois pas à effacer complètement l'odeur de fièvre et de maladie. Les rideaux ont été ouverts et laissent pénétrer la lumière du jour qui éclaire vivement la pièce.

Les yeux toujours fermés, Âmiaz respire doucement. Il apprécie chaque souffle et il essaie de sentir en ses poumons l'air qui fournit l'énergie à la pompe humaine. Puis, un battement de cœur plus tard, il tente de suivre le sang qui court dans ses veines. Et même lorsque l'écarlate liquide parvient à son flanc blessé, et fait sourdre la douleur en d'intenses pulsations, il jouit de cette sensation. Car elle est synonyme de vie.

Il est soudain tiré de ses réflexions par le fumet alléchant de la cuisine fraîche. Juste avant que Roselilas ne quitte la pièce, Âmiaz lui a commandé un petit-déjeuner consistant. La vue du jambon frit et des œufs brouillés déposés à côté d'un toast recouvert de haricots en sauce, le tout accompagné d'un panier de fruits bien garni, suffit à étirer un large sourire sur le visage du jeune Duc. Il se sent faible, et exténué, même un peu nauséeux depuis l'apparition du plat copieux, mais il se fait violence. Il faut qu'il s'alimente, s'il veut être prêt à partir bientôt pour le désert.

Certes, son ami Hassal ne l'a sans doute pas attendu au château. Mais il a acquis auprès de lui la confirmation de certains faits qu'il croyait légendes. Notamment l'existence de la fabuleuse Keustatinopol. Sa compagnie a ravivé les flammes de la curiosité du jeune Folhardeur et même l'haleine de la mort n'a pas suffit à les éteindre. Il ira dans le désert, guidé ou non.

Tout en pensant, il avale le petit-déjeuner aussi bien que son état lui permet. Si manger les œufs, le jambon et le toast aux haricots ne lui posent aucun problème, il abandonne tout espoir de croquer dans une pomme. Alors qu'il porte à sa bouche la dernière cuillerée de son repas, il sent un haricot tomber sur son pansement. Il le débarrasse bien vite, mais en portant son regard sur sa blessure, il repense aux actes qui se sont déroulés deux semaines auparavant, et qui l'ont conduit à l'orée de la mort.

Avec un soupir amer, il se dit que ses parents n'auraient pas été fiers de lui. Avec tout l'entraînement, toutes les heures passées à apprendre à éviter et prévenir d'éventuels attentats, au poison comme au couteau, comment a-t-il pu en arriver là ? « Ben justement, je suis encore en vie », lui glisse une petite voix dans sa tête. Il est vrai qu'un réflexe salvateur a surpris une demi-seconde l'assassin, qui n'a pu planter le cœur, mais a ripé sur les côtes du bas du torse, et a fini dans le flanc, loin de tout organe vital. Soudain, Âmiaz se sent enflammé de fureur, et l'accélération de son rythme cardiaque le fait quelque peu souffrir en provoquant des élancements douloureux. La vengeance s'empare de son esprit et y instille un désir ardent de revanche.

Puis, aussi vite qu'elle est arrivée, la rancune s'en va, et laisse Folhardeur presque exténué. « Une simple émotion me fatigue », pense-t-il avec cynisme. Il n'ira pas dénicher personnellement ce meurtrier, même si son sang et ses gènes y aspirent ardemment. Non, il confiera la mission à quelques un de ses espions, parce qu'il voudrait tout de même savoir qui lui veut la mort, pourquoi, et surtout qui a les moyens d'exécuter ces sinistres manœuvres.

Un instant, il cesse de penser, et regarde autour de lui. Sans qu'il s'en soit rendu compte, son plateau a été débarrassé. La chambre est déserte, à l'exception d'un garde, silencieux et discret comme un mur, qui est posté devant une fenêtre. Le jeune blessé ferme à nouveau les yeux, et tente de porter ses pensées vers de plus plaisantes contrées, quand la porte s'ouvre sur le premier conseiller. Âmiaz ouvre les yeux et lui adresse un sourire dont il tente d'effacer toute faiblesse. En vain, à en croire l'expression inquiète de Justebailli.


- Vous allez bien messire ?
- Je me porte à merveille, Wilmard ! Vous savez, ce n'est pas pire que la fois où je m'étais fait embroché par un sanglier. Et puis au moins, la cicatrice que me laisse cette blessure établira une symétrie sur mon abdomen, symétrie que j'avais perdu suite au duel contre Clodimir de Sarol. Son ton est naturellement détaché et ses paroles pleines de spontanéité, car ce n'est pas la première blessure qu'il reçoit. La différence cette fois vient plutôt des circonstances, pour le moins effrayantes ; pour un Seigneur, une tentative d'assassinat n'a rien à voir avec une accident de chasse, aussi dramatique soit ce dernier. Car, plus que la personne, c'est le Territoire ou la Religion qu'il défend qui sont généralement visés.

Alors que Wilmard Justebailli s'apprête à répondre d'un ton plus sentencieux, la porte s'ouvre soudain sur Isia. À la vue de sa fille adoptive, le jeune Duc ne peut retenir un large sourire, qui ne doit être qu'un pâle fantôme de ses habituels expressions de joie.


- Âmiaz ?
- Messire Folhardeur, est-ce bien raisonnable de l’avoir fait venir ? l'interrompt Justebailli.

Âmiaz n'a jamais pu comprendre l'aversion que son fidèle conseiller ressent pour Isia. Mais il ne s'en offusque pas. Ce n'est pas dans sa nature, il préfére accepter les bizarreries de ses pairs ; après tout, lui aussi se permet quelques excentricités, dictées qui par son âme, qui par son cœur.


- Wilmard, mon ami, vous n'avez pas encore cessé d'espérer me voir un jour raisonnable ? répond-il avec amusement.Si vous trouvez déraisonnable que je fasse des efforts dès mon réveil, ajoute-t-il avec sérieux mais affabilité, vous savez aussi bien que moi que sa compagnie, faite de la simple chaleur qui existe entre deux parents, me fatiguera bien moins que la votre, qui tient surtout du devoir que nous avons envers Uzas.

Venant de tout autre personne, cela pourraient paraître offensant. Dans la bouche d'Âmiaz, les paroles semblent juste être sincères et franches, nues de toute atour rhétorique. Sa voix douce et grave en atténue la brusquerie. Puis il se tourne vers sa fille :

- Entre Isia, entre, lui dit-il, en l'invitant de son bras qui ne le fait pas souffrir, mais en faisant la grimace malgré tout lorsque son épaule se soulève. Pour le moment, nous allons discuter d'affaires graves. Tu peux te joindre à nous si tu le souhaites. Je t'accorderai un moment rien qu'à toi, après cela.

Le Duc lance un rapide regarde vers la porte de sa chambre, puis revient à son premier conseiller.

- J'attend Sire Minster, également. Je pense que son avis peut-être important. Maintenant, cher conseiller Wilmard, voulez-vous bien me tenir au courant des évènements d'importance, depuis la tentative d'assassinat ? Nous verrons les affaires courantes plus tard. Dites-moi plutôt ce qu'il est advenu de mon invité du désert. Quand est-il reparti ? Il n'a pas trop attendu j'espère. Lui avez-vous fourni une embarcation pour remonter l'Ilmenia, ainsi qu'il sied à son rang ? Et ma très chère ménestrel, s'est-elle acclimatée à la cour d'un château ducal ?
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Katerina
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 3 Avr - 3:09

POST N°15

Lorsque le jour se levait, Katerina avait tendance à fermer les yeux. Il lui avait fallu longtemps avant de supporter la vue de la pièce, toute réduite, dans laquelle elle se trouvait. De jour, cette vision lui donnait encore des peurs, un sentiment d’étouffement. La tension se relâchait, la nuit, à travers ses pleurs. Elle ne comprenait toujours pas ce qui se passait, et ne voulait pas comprendre. Le Prince des Sables avait essayé de lui expliquer, mais le mot « cachot » lui était resté incompréhensible.

Ici-bas, il n’y avait rien à voir, rien à humer. Elle écoutait. Elle pouvait différencier tous les sons, mais excepté ceux des gens qui marchait et des chevaux, elle n’en reconnaissait aucuns. Aucun oiseau, aucune bête, rien. Un univers mort, sans vie.

Et puis il y avait le Prince. Elle l’entendait, sur le côté, derrière elle, au-devant, faisant les cents pas, s’arrêtant parfois. Sa capuche relevée, elle ne pouvait le voir, mais elle devinait ses émotions noires à sa façon de bouger, de respirer, de soupirer. De temps à autre, elle ressentait quelques couleurs, du blanc, du rouge… Ces couleurs s’évanouissaient rapidement pour redevenir noire.

Assise au milieu de la pièce, les yeux fermés, Katerina voyait tourner autour d’elle des dizaines de mélodies, des centaines de phrases et des milliers de couleurs. Ici elles s’assemblaient lentement, seulement pour se défaire là-bas. Rien ne restait, et tous ses poèmes s’écroulaient avant d’être terminée. Depuis qu’elle était dans ce monde ci, elle n’arrivait presque plus à chanter. Seule la Colombe venait la réconforter. Durant ses jours vides, les gaietés du matin lui semblait bien loin.

Et lorsque le soleil se couchait et laissait place à sa sœur la lune, les larmes venaient aux yeux. De larmes d’épuisement, elle pleurait son inconfort, prisonnière d’une si petite prison. De larmes de douleur, elle pleurait la perte de celle qu’elle aimait. De larmes d’impuissance, elle pleurait sa tristesse face à la vie. De larmes de terreur, elle pleurait sa deuxième rencontre d’un ange qui, de belles promesses, avait fait de sa vie un cauchemar.
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mer 4 Avr - 8:06

POST N°7


Justebailli se retint bien de dire au jeune Duc qu’Isia n’était pas réellement sa parente et que, pour qu’elle fut sa fille, il aurait fallu qu’il soit marié, Sire Folhardeur avait raison, Wilmard ne désespérait pas de le voir un jour devenir raisonnable. En attendant, il devrait faire face à sa folle jeunesse et faire avec, à condition que celle-ci ne provoque pas la perte du domaine. Ainsi, Wilmard inclina la tête en signe de soumission.

Si vous pensez que cette enfant peut vous être bénéfique, messire, je ne peux m’y opposer, je n’avais que votre bien-être à l’esprit.

Pour sa part, la fillette répondit immédiatement à l’invitation d’Âmiaz à le rejoindre, elle se précipita sur lui, en marchant comme il convenait, et se logea doucement dans ce bras tendu et s’abstint de se jeter à son cou, la grimace du jeune homme ne lui avait pas échappé. Une larme solitaire coula sur sa joue, témoin silencieux du soulagement qui la submergea alors. Un large sourire illumina son visage tandis qu‘elle le regardait, Âmiaz était là, vivant, c’était tout ce qui comptait en cet instant, il lui avait manqué pendant son voyage et lui avait fait peur à son retour, alors peu importait qu’il ne lui accorde pas toute son attention, elle était simplement heureuse d‘être à côté de lui.


D’accord, acquiesça-t-elle, et, lâchant à regret la main de son père, elle s’assit sur le siège tout proche.

Wilmard oublia bien vite la présence de la fillette lorsque le Duc se mit à le questionner et répondit professionnellement bien qu’il eut préféré que le blessé se repose encore avant de parler des affaires.


Sire Minster nous rejoindra sans doute plus tard, il est bien occupé depuis votre agression. déclara-t-il sans rien laisser voir du mal aise que produisait chez lui la mention de ce nom, le futur chevalier était le seul à avoir vu l’assassin, du moins le prétendait-il, et il s’opposait au premier conseiller sur sa décision. J’ai fais emprisonner les étrangers, messire, tant que nous n’avons pas retrouvé votre agresseur ainsi que la raison pour laquelle il a agit, nous ne pouvons risquer un nouvel attentat en laissant des étrangers en liberté dans le château.

À la mention de l’enfermement du prince des sables (dont elle n’avait pas retenu le nom) et de la ménestrel, Isia s’agita sur son siège. Elle aurait voulut parler et dire ce qu’elle en pensait, mais elle ne pouvait pas, ces affaires n‘étaient pas de son âge (confer le conseiller Justebailli). Heureusement, Âmiaz avait dit que Geoffroy allait venir, lui serait juste et parlerait. Elle espérait simplement que l’homme ne tarderait pas.
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Âmiaz Folhardeur
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mer 4 Avr - 19:29

Post n°27


La douleur s'était apaisée, comme si son organisme avait perçu la présence bienfaitrice de sa fille. Ou peut-être était-ce simplement le fait de penser à autre chose, et de s'y absorber. Néanmoins, les élancements reviennent soudain avec une force considérable qui oblige Âmiaz à fermer les yeux et à se laisser tomber contre le sommier de son lit.

Il ne peut y croire, il ne veut y croire. Comment est-ce possible ? Son fidèle et compétent conseiller, comment aurait-il pu le trahir ainsi ? Le jeune duc le sait, il ne s'agit pas d'une trahison délibérée. À vrai dire, il est même exagéré de qualifier de félonie un excès de zèle. Justebailli pensait simplement bien agir. Bien agir en emprisonnant Hassal, dont le rang est, d'une certaine manière, supérieur à celui du Duc d'Uzas même ! Il est membre de la famille régnante de Keustatinopol, par Perséphon ! Bien agir aussi en emprisonnant une ménestrel, déjà si rétive et méfiante, une ménestrel à laquelle il a promis protection et qui se retrouve emprisonnée dans les cachots lugubres de la citadelle !

Le jeune Folhardeur a du mal à contenir sa fureur. Son sang bouillonnant palpite sous son épiderme qui se couvre de chair de poule, et ses narines s'agitent alors qu'il essaie de respirer calmement. Plus ses pensées s'attardent sur les conséquences désastreuse de l'acte irréfléchi de son stupide conseiller, plus sa rage s'accroit, et au bout d'un moment il sent qu'il va exploser. La patience et le contrôle de soi ne sont pas des vertus reines dans sa famille. Il se redresse soudain, et prend une longue inspiration. Il tente de chasser la douleur, même s'il sent que les hurlements qu'il s'apprête à pousser à l'adresse de son conseiller, risquent de le faire à nouveau sombrer dans l'inconscience.

Mais alors qu'il s'apprête à ouvrir la bouche, ses yeux s'ouvrent et tombent sur Isia, qui semblent agitée, mais qui écoute attentivement la conversation. Son visage juvénile, où s'affiche une expression étrangement mature, douche toutes les émotions les plus brûlantes du bouillonnant Duc d'Uzas. Il a trop peur de l'effrayer en criant, car il sait que, lorsqu'il se laisse aller à son sang chaud, comme il a l'habitude lorsqu'il combat, il peut provoquer la frayeur et être méconnaissable. Lui-même ne garde habituellement que des souvenirs flous de ses accès "de folle ardeur" comme on les nomme - presque avec admiration et fierté - dans la famille.


- Ainsi, ceux que j'ai invité croupissent dans les geôles accueillantes de mon château, commence-t-il d'une voix calme, mais cependant vrillée d'une colère contenue à l'excès. Bien, très bien.

Un long silence s'ensuit, et il semble que Justebailli n'ose pas répondre. Il est vrai que la réponse du Duc d'Uzas est difficile à interpréter.

- Je suis cependant étonné que ma fille ne soit pas encore pendue haut et cours, selon vos bons ordres, pleins de perspicacité et de justice, Justebailli. Qui de mieux placée qu'elle pour ourdir des complots contre moi ? Après tout, ne l'ais-je pas recueilli, ne lui ais-je pas accordé toit, éducation et amour ? Voilà trois présents qui ne peuvent que motiver des envies de meurtres, au même titre que l'hospitalité, la camaraderie et la protection. Sa voix est dégoulinante d'une ironie d'autant plus grinçante qu'elle est inhabituelle dans la bouche d'Âmiaz. Il trouve ce procédé rhétorique trop détourné, préférant de loin des mots francs et dépourvus de sous-entendus. Justebailli, pourquoi ? Mais pourquoi, par Perséphon, pourquoi ?!

Sur ces derniers mots, sa colère s'échappe en des notes rauques.

- C'est décision est dépourvue de toute logique ! Pourquoi la ménestrel attendrait-elle que je sois dans mon château pour m'assassiner ? Et l'Émir Hassal aurait eu de bien meilleurs occasions si j'étais allé à Keustatinopol. De plus, alité comme je l'étais, comment auraient-ils pu me blesser plus encore ? Il s'arrête un moment, et reprend son souffle. Puis, avec une voix plus calme, il poursuit. Au contraire, leur accorder une apparente liberté aurait été bien plus efficace. Une discrète surveillance, et à la moindre velléité de fuite de l'un ou l'autre des suspects, l'assigner à résidence. Cela aurait prouvé sa culpabilité. Mais pas dans les cachots, pour l'amour du Dieu Unique ! Quelle image cela donne-t-il d'Uzas ?

Le jeune Duc laisse un silence planer. D'une part pour laisser le temps à Justebailli de digérer la remontrance, et d'autre part pour se reposer. Son discours l'a laissé épuisé, et il ferme un instant les yeux, ne pouvant se retenir de poser la main sur sa blessure qui le fait souffrir. D'une voix plus faible, mais ferme, il termine, les yeux toujours fermés.

- Par respect pour mes hôtes probablement innocents, cette erreur ne peut rester impunie, vous le comprenez bien, Justebailli.
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Isia
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   Mar 10 Avr - 14:37

POST N°8

Soudain, le conseiller fut désarçonné. La voix exagérément calme, grondante de colère sourde, du Duc le pétrifia sur place. Était-ce là encore une nouvelle fantaisie du Duc ? Non, cela ne l‘aurait pas mit dans un tel état de colère. Pâle comme un linge, il écouta les mots qui sortaient de la bouche de son maître et tenta de se justifier, perdant la maîtrise de ses propres mots il bafouilla maladroitement.

Mais enfin… ce ne peut être un hasard… deux étrangers qui se présentent au castel le jour même où l‘on tente de vous… non, c‘est impossible.

Mais le jeune Duc n‘y croit pas et sa colère menace d‘éclater, Justebailli se demande même ce qui le retient car ce n‘est pas là les habitudes des Folhardeur. Un regard à la fillette assise de l‘autre côté du lit lui fournit une réponse.

De son côté, Isia aussi sentait la colère de son père, plus sensible que le conseiller aux humeurs des gens de par son sexe et son age, et les paroles que prononça Âmiaz la fit pâlir au point de faire concurrence à Justebailli. Qu‘elle soit pendue haut et court ? Seigneur, le conseiller y aurait-il pensé ? Isia réalisa alors qu‘elle avait échappé à l‘emprisonnement qui avaient été infligé aux deux étrangers alors qu‘elle était également là lors de l’agression. Mais un sentiment de révolte la submergeait rien qu‘à songer seulement faire du mal à Âmiaz, non, jamais elle n‘en serait capable, fusse pour son bien. Apeurée, elle nota malgré tout, distraitement, que même Âmiaz ne suspectait pas les deux invités d‘être à l‘origine de cette agression alors qu‘il était le mieux placé pour porter des soupçons.
En revanche, la faiblesse de son père l‘inquiéta. Lorsqu‘il posa la main sur son pansement, Isia commença à se lever et voulut lui demander si elle pouvait l‘aider mais alors qu‘il rouvrait les yeux, elle se ravisa, son regard noir, bien qu‘il ne lui soit pas adressé, la dissuada de parler et elle se rassit sans un mot.

Le silence pesant effraya Justebailli qui se demanda ce qu’il allait advenir de lui. Cependant, il devait se rendre à l’évidence, le jeune duc avait raison, il avait été imbécile de prendre une telle mesure, la situation l’avait sans doute déstabilisé et le conseiller avait fait une erreur de jugement. Il pâlit plus encore, si ce fut possible, à la dernière phrase du Duc. Aussi loin qu‘il s‘en souvienne, il n‘avait jamais été puni, que ce soit par Néhémane Folhardeur ou son fils.


Qu‘entendez-vous par là ? bredouilla-t-il. Messire, je n‘ai pensé qu‘à votre bien et au bien du duché que je sers fidèlement depuis des années.

Isia suivit la scène avec consternation, jamais il ne lui avait été donné d‘assister à pareil spectacle, elle se demandait si elle n‘aurait pas mieux fait d‘attendre dehors qu‘Âmiaz ai fini de parler de ces affaires graves. Le premier conseiller lui faisait pitié dans sa maladroite tentative pour se justifier, la fillette n’était pas rancunière mais elle ne voyait rien à dire pour la défense de Justebailli, les seuls mots qui lui venaient n’auraient fait que conforter Âmiaz dans ses certitudes, que par ailleurs elle partageait entièrement.
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MessageSujet: Re: [QL : L'Odyssée du Désert] 2 - Castel d'Uzas   

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